Mise à jour du 17/06/2020 :

Suite au confinement, 8 semaines d’arrêt total des courses et un retour à la normale qui n’arrivera pas avant la fin de l’année, il est encore plus urgent de repenser l’écosystème de notre hippodrome.

En effet, les acteurs du secteur ont dû supporter des coûts constants sans pour autant recevoir les recettes. Le déconfinement et l’axe fortement digital donné aux paris accélère ainsi une tendance de fond, quel avenir donc pour notre symbole mansonnien ?

La réponse que nous apportions en mars est toujours d’actualité, et désormais nous nous devons d’être plus intelligents, plus ouverts et plus clairs dans les décisions de la municipalité


La place du cheval et des courses à Maisons-Laffitte est liée intrinsèquement à l’histoire de la ville. Cette historique remonte à plus de 200 ans avec les premières coursés organisées par les comtes d’Artois sur les prairies bordant la Seine. Cette place est toujours significative spatialement avec près de 180 ha consacrés aux activités hippiques, mais dont la taille diminue progressivement.

C’est bien entendu également une question d’identité, celle de la “cité du cheval” qu’il nous faut préserver, entretenir et dynamiser.

L'hippodrome
Hippodrome de Maisons-Laffitte : la plus longue ligne droite d’Europe (2km)

L’avenir du cheval à Maisons-Laffitte constitue donc une part essentielle de l’avenir de la ville de Maisons-Laffitte, aussi bien en termes d’espaces consacrés, d’emplois ou encore d’identité :

  • Les activités liées aux courses (hippodrome et centre d’entraînement) sont grandes pourvoyeuses d’emplois pour la ville directement et indirectement. La reprise du dialogue avec France Galop et la réflexion sur la diversification des activités liées au cheval (et annexes pour l’utilisation de l’hippodrome) sont des conditions indispensables pour le maintien de ces emplois et de cette identité liée aux courses et à la présence du cheval en ville. 
  • Maisons-Laffitte est par ailleurs un lieu de développement des activités équestres avec de nombreux centres, écuries de propriétaires, poney clubs, etc. Il s’agit donc d’un lieu privilégié au niveau national et régional pour le cheval de loisir et de compétition qui profite des nombreuses allées équestres de la forêt de Saint-Germain-en-Laye et du parc de Maisons-Laffitte. Pourtant, la diversification des filières équestres pourrait encore être améliorée avec le développement d’autres filières comme le tourisme équestre, de l’attelage, de l’équithérapie, le horse-ball, etc.
  • Concernant la compétition, la réfection des installations des carrières Molière sur le site de l’hippodrome permet maintenant de disposer d’un site d’entraînement et de compétition de bon niveau (dressage, obstacle, horse-ball, etc.) mais qui est malheureusement trop étroit pour des installations de plus grande envergure. Certaines villes européennes, comme Aix la Chapelle en Allemagne, ont réussi à devenir des villes reconnues internationalement pour le niveau des compétitions accueillies et le réseau de professionnels locaux liés aux sports équestres.

Pour sauver le site exceptionnel de Maisons-Laffitte, seule l’union et le développement de toutes les filières du cheval permettront la sauvegarde des activités, emplois et métiers présents actuellement sur la ville. En effet, les différentes activités liées au cheval forment un écosystème unique : pas de centre d’entraînement sans hippodrome et réciproquement, pas d’hippodrome sans centre d’entraînement ; pas d’activités équestres sans activités hippiques. Notre cadre de vie unique dépend de la présence du cheval à Maisons-Laffitte. L’ouverture de l’hippodrome vers la ville doit aller de pair avec celle de toutes les filières du monde du cheval en Île-de-France et dans les Yvelines : compétitions,rassemblements, salons, etc.

Si une « société des courses » est nécessaire pour l’exploitation de l’hippodrome, celle-ci devra rechercher toutes les opportunités pour valoriser ce site au delà des courses : compétitions équestres, rassemblements de plein air, etc. Ces activités devront viser à faire participer tous les Mansonniens, quelle que soit leur relation avec le cheval et leurs moyens financiers. En effet, et dans un premier temps, le seul bilan économique des courses ne permettra pas la viabilité d’un tel projet. Il faudra donc rechercher le maximum d’opportunités en lien avec le monde du cheval, du tourisme et de la culture. En l’absence de co-construction avec les intéressés (France Galop, entraîneurs, responsables des structures équestres présentes, acteurs intéressés, collectivités, etc.) tout exercice de bilan financier préalable demeure vain à ce stade. Par ailleurs le devenir de l’hippodrome et du centre d’entraînement (180 ha) est un sujet majeur pour la ville qui nécessitera la participation des Mansonniens pour déterminer la solution la plus démocratique.

Le rôle du cheval dans la ville pourrait largement être accentué (cheval de travail, transports spécifiques, sécurité, etc.) afin de renforcer l’identité de la ville et ré-habituer les Mansonniens à sa présence. A moyen et long terme, et dans un horizon de mobilités décarbonées, Maisons-Laffitte a de grands atouts pour devenir une ville pionnière pour la réutilisation du cheval en ville, au quotidien. Seulement tout cela se prévoit, et demande des investissements ainsi qu’une vision de long terme.

L’actuel désinvestissement de France Galop sur le centre d’entraînement est inquiétant, le site occupant à lui seul plus de 100 ha dans la ville et n’étant majoritairement pas “protégé” de l’appétit de construction : seule une partie de l’hippodrome est inconstructible du fait du Plan de Prévention des Risques d’inondation de la Seine, la zone hippique du parc relevant soit d’un zonage spécifique au PLU (UHp : activité hippiques et équestres) soit du classement en zone naturelle. La spécificité du caractère agricole des activités d’entraînement et d’élevage des chevaux (qui relève in fine du Ministère de l’agriculture) ne fait pas l’objet d’une mention particulière.

Ce désinvestissement de France Galop oblige effectivement les entraîneurs, lads et leurs chevaux à s’entraîner sur le site de Fromainville, en limite de Maisons-Laffitte et proche du SIAAP. Des études doivent être menées, en lien avec la ville de Saint-Germain-en-Laye, la ville de Paris (propriétaire des terrains) et le SIAAP, pour s’assurer de l’innocuité du site pour le travail au quotidien. La proximité de l’usine du SIAAP nécessitera de toute façon la réalisation d’un plan communal de sauvegarde (PCS) qui prendra en compte les activités comme les résidences situées à proximité de ce site Seveso seuil haut.

En termes d’urbanisme, il s’agit donc de réserver l’usage de ces grandes parcelles aux entraîneurs et cavaliers et à leurs chevaux. Il faut donc mettre un terme aussi rapidement que possible aux appels d’offre en cours sur les sites de Penthièvre, Lamballe et du rond de l’Epine.

A terme, l’utilisation du droit de préemption urbain et l’implication de l’Etablissement public foncier régional (EPFIF), déjà impliqué dans le secteurs hippique de la ville, doivent permettre de garder ces parts importantes du parc et de la ville à destination des “gens de chevaux” et pour les usages hippiques et équestres. La convention d’intervention foncière signée par la ville et l’Etablissement public foncier d’Île-de-France en 2017 prévoit des interventions ponctuelle de l’EPFIF (veille foncière) sur le secteur qui pourraient être renforcées pour soutenir les filières du cheval et notamment l’outil de travail lié. Cette convention d’intervention doit être renforcée dans son aspect économique (pas uniquement le foncier destiné au logement) afin de garantir l’emploi pérenne sur la ville et de préserver l’avenir du cheval à Maisons-Laffitte.

Secteurs d’intervention de l’EPFIF : en rouge, secteur de maîtrise foncière, en jaune, secteurs de veille foncière

Afin de reconnecter à la cité ce patrimoine vivant, c’est là encore l’ensemble des filières du cheval qu’il faut mobiliser ainsi que les acteurs liés. La mise en place d’ateliers de travail avec les principaux acteurs et responsables locaux permettra de faire le point, directement, sur la situation et de pouvoir ainsi mieux orienter les choix de notre collectivité et de nos concitoyens. Notre stratégie de sauvegarde et d’avenir du cheval en ville ne pourra se faire sans l’énergie de toutes et tous et du choix démocratique des Mansonniens.

Rencontre entre l’équipe « Sauvons Maisons-Laffitte » et Nicolas Ljubenovic

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